La lettre ci dessous relate la triste mort d'un lieu de Vie

Cette histoire, vraie, que nous vous proposons de suivre, nous montrera, à partir d'un fait malheureusement banal le déroulement d'une démarche de citoyens victimes d'une administration publique . . .

. . . sans polémique, ou presque (!), l'histoire d'un citoyen qui paie des impôts pour que l'Etat ait les moyens de démolir le patrimoine national futur que ce citoyen aura constitué et financé.

Massacre exécuté un soir d'été

(les renvois sont destinés à ceux qui auraient du mal à lire entre les lignes ;
pour nos têtes pensantes, afin de leur rester lisible, je me suis résumé au seul texte ordinaire,
malgré tout transmis à notre DDE, même si elle m'a fait preuve de son incapacité de compréhension du langage.)


vendredi 23 août 2002

Lettre ouverte à toute personne concernée
par le respect
de l'Individu et du Milieu

 

L'Arboretum, La Quintinie et l'Equipement

Le 22 Août 2002,(1) les services (2) de la DDE (3) sont (4) intervenus en bordure de la route nationale 141 (5) sous prétexte d'entretien (6) des abords.

Rappels :

En début d'année, nous avons rencontré (jean-louis Vignaud) (7) les services de la DDE Chabanais (8) afin de déterminer la limite (plan joint) (9) d'implantation de la haie à replanter cet hiver ; travaux de réfection nécessaires suite aux divers sinistres automobiles intervenus dans ce virage (10).

Lors de cette (11) rencontre, nous avons convenu (12) aussi que l'arboretum prenait en charge l'entretien de la haie sans nouvelle intervention de la DDE (13).

Afin de rendre le lieu plus en adéquation avec le rôle de l'arboretum, sa situation en entrée de village, la DDE acceptait aussi de déplacer un panneau de signalisation (14).

Sans entrer dans le débat de la violation de la propriété privée par un service de l'Etat (15), nous sommes amenés à nous poser quelques questions sur le but de notre action de valorisation du patrimoine national (16).

Pourquoi fallait-il terminer la destruction volontaire de cette haie commencée accidentellement par les automobilistes ? (17)

Quel intérêt pour les membres de l'Association de s'ouvrir plus largement au Public (18) afin de pérenniser le lieu, (19) et valoriser un tel outil pédagogique, culturel, scientifique et touristique ? (20)

Quel argument supplémentaire apporte cette opération de saccage (21) de la végétation à la demande de classement en cours, (22) demande soutenue par la DIREN, et la Préfecture de la Charente en la personne de Mme Haye-Guillaud ? (23)

Quelle image professionnelle pour un conseiller en aménagement de parcs et valorisation de patrimoine ? (fonction du vice-président de l'association) (24)

Qu'adviendra t'il lorsque la prochaine voiture en "loupant" le virage traversera ce parking nouvellement dessiné ? (25)

Devons nous nous adresser au ministère de l'agriculture pour bénéficier des subventions de replantation de haies ? (26)

Et sans espérer un dédommagement aléatoire (27) qu'au moins la destruction, du patrimoine national naturel dû à l'investissement privé, (28)cesse en vitrine de l'Arboretum ? (29)

Pouvons-nous garder bonne conscience d'avoir reçu les encouragements de la DIREN (Merci dit la planète) et une subvention du Conseil Général (tempête 1999) (30) sachant que les dégâts occasionnés par la DDE absorbent largement la subvention accordée ?

La Direction Départementale de l'Equipement serait-elle indifférente à l'image nouvelle de Chabanais autour de La Quintinie et son influence sur "le jardin" ? (Même si celle-ci a prouvé sa limite par ses excès) (31)

Quel soutien pouvons-nous espérer conserver de la part de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, l'Association des Parcs Botaniques de France, le Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées, au vu de l'état lamentable dans lequel se trouve maintenant la façade du site ? (32)

Allons-nous continuer encore longtemps à désespérer l'électeur des Pouvoirs Publics ? (33)

l'Arboretum du Chêne-Vert


  1. faut bien montrer au citoyen qu'on travaille ; déjà qu'on trouve qu'un cantonnier ça fout rien, alors si on les sort pas quand tout le monde est sur la route . . . pa'ce qu'enfin, pour les haies justement, essentiellement constituées d'arbustes, si on les taillait en hiver, elles seraient plus fournies l'an prochain.

  2. ça c'est pas au sens étymologique du terme, avec tout le sens d'abnégation entendu et d'effacement de soi derrière l'œuvre accomplie au seul profit de l'amélioration du bien-être de la communauté.

  3. direction départementale de l'Equipement ; l'E QUI PE MENT, l'équipe ment, et qui peut ment ! Déjà, en soi le contraire ; vous avez déjà vu ces gens construire ? Sans détruire avant ? Le malaise c'est que c'est leur principale activité, détruire, avant ou après, et toujours détruire ; raser, couper, nettoyer, aligner, peigner, dégager, creuser, boucher, canaliser, dresser, "de l'ordre ! Merde !"

  4. oui, je dis services, DDE, sont, parce que c'est bien la DDE qui est intervenue et je ne veux pas savoir Qui conduisait la machine. Ce n'était pas mon employé et je n'en étais donc pas responsable ; et un employé, quelque soit le niveau n'est jamais officiellement responsable, par définition c'est un assujetti, et même s'il est incompétent la faute professionnelle revient au recruteur à minima.

  5. c'est vrai que dire le chemin (c'est pas propre un chemin) Saintes Clermont-Ferrand, faut allonger les pancartes, et y'a ceux qui veulent aller de Clermont à Saintes ; et ceux qui veulent aller quelque part entre les deux.

  6. on est bien d'accord : l'Equipement entretient.

  7. là, je donne quelques noms ; c'est juste parce que c'est un courrier officiel alors que la convention concluant la rencontre, pour être aussi officielle, n'en a pas autant été consignée par écrit ; il m'arrive rarement, quand je suis malade, de faire faire un procès verbal de visite à mon médecin au cas où la situation s'aggraverait.

  8. monsieur Labrousse, puis avec monsieur Labrousse, monsieur Denis ; parce que quand on veut rencontrer le chef de la DDE, ils vous demandent : lequel ?

  9. bon, je vous mets pas le plan ; pour remarquer que la limite est dessinée à 2 m de l'extérieur de la bande blanche latérale pointillée symbolisant la limite de chaussée et bien pratique en cas de brouillard, l'axe de la haie à 3 m, permettant ainsi un développement naturellement confortable des plantes arbustives envisagées et un sous étage de couvre-sols herbacé suffisant à la faune associée, faut vraiment être de l'Equipement pour pas comprendre.

  10. c'est vrai qu'on s'imagine mal rentrer à la maison le soir et dire à bobonne "j'ai raté la ligne droite" ; alors, un virage c'est pratique, faut en garder quelques uns pour être responsables ; d'ailleurs, s'il n'y avait pas de virages, resterait-il des lignes droites où rien n'arrive sauf si elles sont courbes dans l'autre sens parce que la DDE n'a "pas eu le temps" de mettre la bosse dans le creux qui suit.

  11. donc, ces, mais je ne voulais pas vous embêter avec ces formalités administratives.

  12. j'avais pré-convenu, mais bon, convenir tout seul pour un problème de voisinage, c'est trop facile.

  13. là, j'étais pas sûr, vu que je doutais que les deux parties aient la même notion de l'entretien.

  14. il y a une vingtaine d'années, j'avais réussi à les convaincre d'enlever les balises, béton à l'époque, qui déparaient un peu dans cette partie de zone sub-urbaine ; ils ont dû à un moment trouver que ces trente mètres nus d'intervention humaine devaient être un minimum habillés des colifichets modernes en l'occurrence DDE signal d'interdiction.

  15. oui, parce que là, ça nous entraînerait trop loin ; la propriété privée, aberration sublime mais qui paie quand même des impôts sans lesquels l'Etat ne peut même pas exister. Et puis j'aime mieux mettre mes moyens à la disposition des arbres que les ruiner dans quelque processus judiciaire.

  16. national, c'est un cadre un peu étroit, mais bon, maintenant y'a l'Europe, quoique, maintenant, je doute.

  17. On entre dans le vif du sujet ! Va y avoir du travail à faire ! Pour essayer de débroussailler un peu :
    détruire, c'est vu.
    volontaire, ça va de soi ; c'est rare une machine qui machine toute seule, et si l'ouvrier ne sait pas conduire la machine, il n'est pas responsable de se voir confier une machine (voir plus haut à faute professionnelle) et sans sous-estimer la classe ouvrière, formée des seuls éléments véritablement productifs de l'appareil, on ne peut pas demander à ces "braves gens" (je n'aurais pas osé un tel condescendant qualificatif, même si lors de ma courte vie d'entrepreneur, une éphémère connaissance intégrait les ouvriers au "parc machines") de réfléchir ; un ouvrier qui réfléchit n'est plus un ouvrier, il est déjà employé, hors maison.
    Je ne dis pas que ces gens-là sont nuls; peut-être tout simplement, qu'il n'ont pas reçu la bonne directive, le bon ordre (ce n'est pas antinomique ?), la bonne culture (ça existe ?), la bonne éducation (je me répète). Mais s'ils n'ont d'eux-mêmes pas eu le discernement nécessaire, la capacité de moduler, la volonté de négocier, c'est peut-être cela qui est nul. De toute façon, ils ne peuvent pas avoir que des excuses. Si l'éducation (ou la culture, mais dans le contexte ça peut prêter à confusion) est bien la capacité de s'approprier la connaissance des autres, est-il pour autant indispensable de revendiquer aussi leurs erreurs comme un acquis fondamental et laisser supposer la bêtise héréditaire.

  18. Sauf à être une association fermée, donc sectaire, ce qui me paraîtrait pour le moins incongru par l'objet même de celle-ci, ouverte vers la nature par fonction première.

  19. Même désillusionné du bulletin de vote, j'aime avoir encore la naïveté de penser que le Public protège mieux que le Privé.

  20. Au fait ! Mais de quel domaine l'Equipement fait-il partie ? Pédagogique ? Culturel ? Scientifique ? Touristique ? Economique, pas de doute puisque les autres n'en sont plus aujourd'hui que des alibis aussi ; Artistique ? J'ai peur !

  21. Pour causer un peu "détails", je me demande où l'Equipement fait affûter ses outils de taille ; on dirait que c'est fait par "un jeune" ; à moins que ce soit des modèles de cet "ordre" qui aient participé à l'éducation des jeunes ; n'empêche, en face d'une agression pareille, je me sens un peu la haine d'un jeune.

  22. 'faut cinq ans pour classer un site . . . c'est vrai que le dossier part de Chabanais vers Poitiers avec consultation d'Angoulême vers Paris. Et après il faut redescendre puisque Paris c'est tout à fait en haut. Je me demande avec quelle voiture ils font le transport des dossiers.

  23. pour l'instant ces deux Administrations ne m'ont pas encore déçu. Mais il y a les aléas des représentants des administrations françaises, et j'ai bien peur que le départ de Marie-France remplacée par un ancien militaire . . . mais bon, déjà, il est donc plus militaire, c'est un pas.

  24. C'est flou comme fonction, non ? et encore, j'ai essayé de condenser, parce que la nature, sa précision, la place de l'homme dedans, un crayon et un papier ça suffit pas pour faire le plan du domaine d'intervention possible et souhaitable.

  25. C'est bassement matériel ; n'empêche : entre la limite DDE et leur résultat, il y a maintenant 2m50 ; plus les 2m d'accotement (ça c'est "pour les piétons", à la campagne, ils sont plus larges sans doute, ou ont moins l'habitude de l'entassement urbain. Ceci dit, je leur attribuerais bien les 8m de route et cantonnerais les véhicules aux accotements), ça donne une somme de 4m50. Quand je disais, un parking, presque une aire de repos avec la pisse du conducteur, la chiasse de la belle-mère et le papier du bonbon du gamin (on remarquera que la femme est plus respectueuse, a peu d'influence sur l'éducation du petit ou qu'elle est restée à la maison). Reste donc plus qu'à attendre que les bagnoles y soient stationnées et que le gendre "loupe" le virage.

  26. Là, rien à dire contre les agros ; vu l'état dans lequel ils ont mis le pays ce serait trop long ; donc c'est bien de leur verser du pognon pour replanter ce qu'on les avait payé à arracher . . . mais enfin, c'est pour les oiseaux que je m'inquiète . . . déménager à chaque nouveau gouvernement . . .

  27. C'est juste pour être poli, parce que si on cause du Citoyen qui porte plainte contre l'Etat, qu'on m'a toujours expliqué qu'il était son expression, je vais pas rester poli longtemps.

  28. ça, c'est déjà vu aussi.

  29. Oui, bon, sur ce coup, le con, c'est moi, parce qu'avec une vraie vitrine même en faux verre, elle aurait déjà repoussé.

  30. Non ! Non ! J'aime pas cracher dans la soupe !

  31. D'accord, les dérives du Monsieur, c'est un peu hors sujet ; mais je ne pouvais quand même pas laisser croire que je soutenais l'individu dans sa démarche pro chimie et pro manipulations génétiques. Et même triste, c'était un homme du jardin aussi probablement que de Chabanais.

  32. J'ai dit "vitrine" et maintenant "façade" ; juste pour user de mots compréhensibles. Pourtant, c'est bien de Haie qu'il s'agit ; c'est-à-dire du milieu naturel le plus riche, de l'écosystème le plus complet, à satisfaire même François (Terrasson) puisque le seul où l'homme est naturellement absent.
    Quelques gens ordinaires, au bon sens paysan mais moderne quand même, je veux dire urbain, m'ont conseillé un mur, un rail de protection ; contre l'Equipement ? Et un mur, à Berlin, c'est foutu, y'a plus de modèle. Demander à Israël qui prend le relais ? Vu qu'ailleurs de l'Irlande à la Yougoslavie, les Anglais et les autres, ils ne savent pas faire assez étanche ? Non, ça je ne peux pas ; je sais trop bien qu'un mur, avant, il est toujours dans la tête . . . alors, tant que je serais là ça restera un lieu ouvert.
    Quel botaniste, zoologiste, ou même vulgaire paysagiste fonctionnaire conseille donc l'Equipement dans ce type de mission ? Parce que je ne doute pas qu'un service d'une telle utilité publique soit uniquement à la solde des fabricants de voitures.

  33. Depuis, chaque fois que j'arrive au bord de la route, quand je sors de chez moi en arrivant au bord des autres, je comprends l'électeur populiste. Heureusement ça ne me décide pas pour autant à commencer à voter ; pour vous non plus. Et il reste bien à vous de me convaincre par vos actes à une autre logique que celle de mon refus de vote.
    J'ai essayé de rester primaire en restant au plus près de la Haie parce que l'écologie, ça commence à sa porte, et j'ai de moins en moins envie de me promener jusqu'au nord pour voir comme ça y fond.

I la triste histoire I les images I rappel I le plan I ce qu'en dit la presse I un coup de main I
I la suite I et puis I retour au jardin I