Plus loin

 

visite-heurts

 

Pour vous faire partager* cet égoïsme certain qu'est l'amour d'un jardin.

 

Du désir de recréer un lieu où un peu de nature retrouverait quelques uns de ses droits ; bon d'accord, mais enfin, la nature, c'est quand il y a aussi dedans quelques Homo sapiens.
Là, éviter la jungle comme dirait l'ignorant ; là aussi maintenir l'équilibre ; que les puces, moustiques ou aoûtats n'atteignent pas l'ivresse.

En moins de deux heures, j'ai toujours l'impression d'avoir fait le tour en courant. Deux heures, ça veut juste dire que je n'ai jamais réussi à faire plus court.
La visite se termine en principe avant la tombée de la nuit parce qu'il est plus pratique de dormir la nuit pour un être humain. Je dis en principe, parce qu'il est bien sûr possible de la prolonger en expérience Terrassonienne.

* partager, c'est vite dit :
Nombreux sont ceux venus sans désir de recevoir ni donner : ceux qui ont trouvé le lieu mal indiqué, les allées pas gravillonnées à défaut de goudron, les massifs mal entretenus, les fleurs trop petites, pas d'étiquettes, pas de fléchage du circuit, . . . bref puisque là on est déjà beaucoup trop long, tous les adeptes du rond-point.

difficile de communiquer quand on ne parle pas le même langage, de se faire comprendre en disant que sur trois mille espèces de plantes, trois mille ont des fleurs, et autant des fruits ; que non, ça ne fait pas beaucoup de travail vu que le principal c'est les plantes qui le font et que le reste c'est surtout du plaisir, et que si, monsieur, madame, l'églantine est une rose plus sûrement que le contraire, un arbre c'est d'abord une plante, comme ce qui fait un chêne c'est le gland, et ce qui fait un gland . . .

et je n'aurais plus le temps de montrer à chacun le dégât causé à la violette par le sabot de l'homme habillé ; il m'en reste d'ailleurs assez peu pour effacer toutes mes erreurs d'emballements et autres de culture et d'éducation.

Je devrais me taire ? en gardant pour moi seul ce que je n'ai fait que recevoir, et "bricoler au mieux" ? Ou n'avoir à choisir qu'entre cabane à frite populiste et cabanon en friche, oursé ?
Non ! Il n'y a pas l'homme d'un côté et la nature de l'autre, et aucun au service de l'autre même si l'homme n'est qu'un des composants de la nature. La vie n'est jamais affaire de ce type de service ; tu viens, je vais, on en parle . . . naturellement, en chemin

A chacun son verbe, son tract, son média ;
ici le verbe est feuille et je ne suis que tract du jardin,
car c'est bien un jardin puisque l'homme peut y vivre,
aussi.

je est toi
toi est je
et ils à nos jeux nouent
notre jeu continue